Au printemps 1975, Patrick Eudeline, garçon sauvage de vingt ans déjà perdu pour la France, rencontre William Burroughs dans un restaurant de la rive gauche.
Devant être honoré quelques semaines plus tard à Genève, lors d’un happening imaginé en son honneur par l’éditeur et historien d’art Gérard-Georges Lemaire, spécialiste de l’underground, l’écrivain américain propose au jeune musicien de s’y produire, et lui écrit même, sur un coin de table, un texte de chanson.
Patrick Eudeline sera donc l’un des principaux animateurs du colloque dit de Tanger (24-28 septembre 1975), dont les communications sur l’œuvre de « Daddy » Burroughs et de Brion Gysin paraîtront dans deux volumes, parus en 1976 et 1979.
Dans le premier tome, Eudeline publie un éloge appuyé de l’auteur du Festin Nu, que nous reproduisons ici. Le rock critic ne manque pas d’y étriller tous « les fossoyeurs de la force brute de la chose écrite », « la rampance morbide à la recherche de Proust », et même certains exégètes des beats qu’il juge bien trop propres sur eux. Si les teenagers électriques et autres petits mutants post-indus peuvent encore revenir à la chose écrite, ce ne peut être selon Eudeline, que par l’entremise d’écrivains comme « Ol’Billy », capables de proposer une littérature du désir, de l’éphémère, du rêve et de la jouissance, du béton et du néon, entre cris électriques de la jungle urbaine et déca-danse des poubelles et des déchets renversés sur l’asphalte de nos Metropolis…
Le vécu d’un adolescent électrique, ce sont les singles et les petites amies d’une semaine, les modes qui chassent les autres, les instants/Extases importantes parce que futiles, flashants parce qu’aussi dérisoires qu’éphémères : des Extases/Kleenex à fixer tout de suite car Demain sera trop tard et que les modes non-vécues ne se revivront jamais.
Et, au-milieu-de-ces-Moments-Là-qui-inventent une Adolescence, Daddy Burroughs est venu avec ses flashes, ses mômes sublimes, ses garçons sauvages et ses Vénusiens/Heavy Metal, ses électricités au pays du Hoolahoop néon, SES-HISTOIRES-À-SAUTER-DANS-LE-CERVEAU. Il n’en fallait guère plus au teenager électrique (ce mutant somptueux, sale petit Frankenstein né du désordre post-industriel) pour apprendre qu’à côté du Flash/Rock’n’Roll, il en existait un autre si semblable qu’il était bon et justifié d’y sombrer avec autant de non-pudeur et de non-recul.
Et les vertiges parallèles des pages « high-Energy » de The Soft Machine, Nova Express ou The Naked Lunch et des électricités de Dylan, Stones ou Velvet apprirent au teenager électrique ce que pouvait – se devait – d’être la « littérature » :
APPRENDRE QU’ON PEUT FLASHER/BURROUGHS COMME SOMBRER/ROCK’ N’ROLL. APPRENDRE QUE BURROUGHS SE DOIT DE SE LIRE DEVANT UN MILK-SHAKE, DARK SHADES BAISSÉES, SNAP-SNAP SUR LA CUISSE, JUKE-BOX À CÔTÉ.
Un wopbopalooboplopbamboom (ce premier cri électrique) qui prouva au teenager ce que sera le Salut de la « littérature ».
POUR RÉVEILLER LA CHOSE ÉCRITE : en faire enfin ce « média chaud » qui ne soit plus lettre morte mais le SON même de la ville, la vibration électrique de nos Metropolis. Pour une littérature qui soit – telle le Rock – le langage même du béton, le battement de sang réactivé qui envahit nos veines. Pour une littérature qui se shoote coudes écarquillés, une littérature qui s’injecte mais ne se reçoit plus. La littérature (telle le jazz, bientôt le Rock) est morte d’être un Art, est morte de n’être plus que la « chose intellectuelle » (cet assassinat de l’Eros et de la Vie, cette slow Death fomentée par les « écrivains » pipe-barbichette, cet Ennui Majuscule qui n’est autre qu’une – et des plus insidieuses – manifestations du « Grand Complot »). Pourquoi voudriez-vous que les teenagers lisent encore quand ils peuvent troquer Deleuze pour Jagger ou Barthes pour Kubrick ? Pourquoi lire encore quand le cinéma ou le Rock savent faire exploser la Vie et la Jouissance, le Mouvement et l’immédiateté ? Ce que devrait être l’Art, c’est l’Explosion du Rêve, la recherche sans garde-fous d’un point d’incandescence pour faire triompher l’Ego, la Vie, l’Instant, le Plaisir (ou surtout donner une autre image de la Mort, la gorger d’esthétisme et de mythologie suicidaire). Ce que devrait être la « chose écrite », c’est réapprendre à être un OBJET ÉROTIQUE.
C’est pour cela que Ol’Billy, Bob Dylan, Mickey Spillane ou Lou Reed sont les plus grands (importants) écrivains américains. Flashes d’une littérature qui – enfin – s’avale n’importe où, se reçoit dans l’instant comme les fureurs éphémères des trois minutes d’un single Rock’n’Rollien. C’est que le moment est peut-être venu pour une littérature trashy ou à Très Haute Énergie, une littérature dont la valeur suprême est de se consommer TOUT DE SUITE dans un Mac Donald’s, entre un Coca et une partie de flipper. Et peut-être, ainsi, la « chose écrite » permettra de vivre plus fort, sera l’expression des overdoses, et n’appellera plus la Mort qu’à travers la jouissance. Une littérature qui se sera permis de TRANSCENDER LE RÉEL.
ET C’EST CE QU’EST BURROUGHS :
Car Ol’Billy (et, rien que pour cela, nous lui devons tout) est celui qui sut falsifier le Réel Urbain (le nôtre, baby…), le transcender en son Essence même pour en faire AUTRE CHOSE. Cette fascination qui nous fait flasher sur le Théâtre de la Nuit de Times Square, les clignotements des Néons qui déferlent sur un pavé luisant, ces épaves que la Nuit appelle pour les accrocher – l’aube venue – à ces réverbères du Strand, titubantes entre-une-certaine-image-de-la-Vie et une certaine-Grandeur-de-la-Mort. Burroughs a magnifié les petits junks et les hustlers, les dealers-chapeau paille et les killers-Bronx, les travestis et les punks (rien-que-ce-mot-et-c’est-déjà-une-mythologie). Au-delà de la vibration-Burroughs, il y a une autre manière d’avaler la Vie, de vivre PLUS (et même si cela fait plus mal encore). Beaucoup, derrière Burroughs, ont œuvré pour ce triomphe-là (et c’est les Lou Reed, les Stooges, Dolls…). Toute une théorie d’Enfants de la Ville qui, se retournant contre son Ennui-Inexistence, en ont fait Grandeur.
La meilleure manière d’accommoder le réel pour en faire rêve, démesure…
DÉCHETS RADIOACTIFS DES FLIPPERS D’HIER, DÉBRIS D’ENSEIGNES lumineuses : « things go better with Coke », « Winston taste good like a cigarette should », monstruosités métalliques des Empire States Buildings ou immensités cheapo-trashy-pourries de cans éventrées, de Campbell’s Soup avariées : LA MORT DE L’AMERIKKKE. C’est ce suicide-là que Ol’Billy hurle, appelant au « Festin Nu » sur ses cendres encore puantes. La Mort de l’Amerikkke, la chute dans l’Abîme de cet abcès magnifique, sera la Mort du Vieux Monde qui n’aura plus pour peut-être survivre que le vide de sa propre sénescence, de sa morne décomposition solitaire. L’Amerikkke meurt donc… Une Amerikkke qui se drogue parce que « il faut bien se défoncer quand on vit dans un endroit comme New York » (Lou Reed) et dont le fix suprême a fait éclater les veines ; une Amerikkke qui plonge parce qu’elle a conjugué par l’absurde ses propres règles et qu’elle était fondée sur un processus en lui-même suicidaire. Burroughs – plus fort que Selby ou Rechy – a tiré des forces vives hurlantes de ce grand charnier de béton et de néon un chant féroce et cruel, une symphonie screamin’-métallique de feu, de mort et d’électricité, un chant beau-ainsi où il ne faut reculer quand-une-fois-plongé.
C’EST QUE LES MOTS-FLASHES DE DADDY BURROUGHS FORMENT une littérature du Danger, une dégerbe d’une haine violente issues de ces pages déchiquetées, électrifiées. Saviez-vous qu’une littérature puisse être dangereuse, que des pages écrites puissent receler autant de potentiel d’électrocution que la plus « dirty-killer » des guitares électriques ? Que pour un adolescent (électrique-encore-une-fois), lire Burroughs est un autre flash que la contemplation béate des perversités moites, des coucheries glauques du traditionnel roman français (celui qu’une culture lui impose : entre Proust et Stendhal, entre un Gide et un Flaubert : tout un misérabilisme du « psychologisme », du « bien-écrit », réseau plus-que-médiocre d’intrigues « de cœur ») ? Mais les petits penseurs Phrançais qui se réclament de Burroughs et ont encore dans le ventre les « temps perdus » de Proust et les blanchisseuses nymphomanes de Zola ne COMPRENDRONT PAS CELA car ils sont de la race de ceux pour qui la chose écrite est un produit manufacturé à la plume, vendu chez Maspero, écrit « en retraite », nécessitant un an de travail : TOUS CES ALIBIS À UNE RESPECTABILITÉ DE LA CHOSE ÉCRITE. Voyez-vous ces gens écrire devant un Bloody Mary ou une ligne de cocaïne, tirant du bruit métallique de la machine à écrire le rythme même de leur écriture ? Voyez-vous ces gens écrire vite comme on peut « vivre vite » ?
Oh ! Ces gens affirment connaître Burroughs ! comme ils connaissent les Stones, Dylan ou Fitzgerald (mais comme ils ne connaissent pas Lou Reed ou Patti Smith). Ils sont capables d’en parler doctement du haut d’une chaire, prouver qu’ils sont « au courant ». Quel teenager électrique devenu étudiant n’a hurlé en entendant les « sages » plaquer leurs vieilles systémologies sur ce qui – justement – n’en supporte aucune : la parole d’électricité et de feu de Daddy Burroughs…
Les pauvres ! Que faire sinon les plaindre ou hausser les épaules si Jacques Lacan est leur Mick Jagger et si leurs politiciens ne sont pas érotiques. Il en est d’autres qui savent que Burroughs est l’anti-systémologie, qu’il ne supporte ni exégèse ni explication, que sa vie – à travers le smack et les overdose – fut un-de-ces-cris-qu’on-n’oublie-pas, un combat dans l’impasse contre la menace culturelle de l’establishment, un plaidoyer pour une vie supérieure contre l’oppression des médias, de la Kulture imposée, UN PLAIDOYER CONTRE L’ASSASSINAT DE L’INDIVIDUALISME. Et ceux qui savent cela se shooteront Burroughs laissant l’autre vibration secouer d’une lucidité-cocaïne leurs corps de cuir noir, leur visages de Dandies-version-seventies.
ET
ENCORE UNE FOIS :
ET CE SONT CES GENS QUI ONT VOULU TUER BURROUGHS en l’inscrivant dans les pages bitter-sweet des dictionnaires littéraires, le mêlant au complot beat-generation, confondant le Love & Peace des Kerouac ou Ginsberg avec le Danger-Zone du vieux Billy. Pas d’Amour et de non-violence chez Burroughs, mais le nihilisme bien wild d’un plaidoyer différent…
Et ce sont ces gens qui – bonnes intentions minables – ont tout fait pour filtrer son chant, plaquant leurs mains-cran d’arrêt sur l’irréductible. Rien qu’une autre manifestation de « l’international Syndicate », du complot dénoncé par les déchirements électriques de Daddy. Et – un de ces paradoxes qui font l’histoire – la meute des exégètes-Burroughs se seront chargés d’assassiner la plus vénéneuse des beautés…
« Nova Express », « Exterminateur » : Et contre ces gens-là, Burroughs s’est shooté, combas-tu dans cette ombre implosée qui n’est que le dérèglement fait illumination…
Les Dandies et les fous ne meurent pas : ils se suicident. Pour faire du « Help » métaphysique de Burroughs autre chose que la plus intense des énergies dangereuses, il suffirait d’en faire une littérature…
DARK-SHADES…
Aussi, cet Ol’Billy qui fut pour le teenager électrique la révélation jusqu’au-boutiste d’une autre voie d’écrire-vivre qui soit l’explosion des flashes d’une fascination, un film fantastique au scénario métaphysique (ou rien qu’un de ces cheap films d’horreur où le rêve naît du sang synthétique comme la beauté naît d’un AUTRE regard…) défilant speedo-presto, offrit une autre voie pour regarder la vie. Au « too fast to live, too young to die » de ceux qui s’engagent, mettent leurs corps en balance, Burroughs a opposé le regard du voyeur, le « NE ME TOUCHEZ PAS ! » du dandy. Burroughs, tel Warhol, reste en retrait, opposant le non-désir à la réalité qui défile, la détournant d’un regard tour à tour esthétisant ou… électrisant. Burroughs échappe à la Mort (l’expiation du péché de désir) en s’immobilisant.
Et c’est cet œil différent transcendant un spectacle auquel il-faut-mieux-ne-pas-entrer qui permit de changer le quotidien pour en faire Rêve, de commuer le réel en Théâtre. Il nous a offert la distance, la faculté magique de troquer le commun contre le mythique…
Un funambulisme-sans-filet-pour-vivre-enfin. Un flirt langoureux avec la Mort où un seul Exit est certain : la métamorphose flashante, troc de constats photographiques contre de belles images.
Donc, l’élégant Billy avec tergal gris et visage-froid-méchant-anonyme-silencieux, cet élégant reptile, offrit les dark-shades du voyeur à ceux qui surent regarder le cinéma long du Théâtre-de-la-vie, s’asseoir sur le cuir first-class d’un train qui défile et dont le paysage (ici cinémascope d’une décomposition industrielle) s’offre enfin. Beau-ainsi.
Et plus tard, peut-être, pourra-t-on repartir dans « l’affection et les bruits neufs », de cette mort langoureuse faire rejaillir une nouvelle innocence, la Naïveté splendide de ceux à qui on a trop dealé et pas assez offert…
Mais la fréquentation de Burroughs avec ceux qui mettent le désir, leurs corps, en avant, c’est le flirt du retrait et de l’action, de la Mort et de son refus. C’est Warhol avec Gerard Malanga, c’est Burroughs avec Brion Gysin (le bel hustler meurtri dans sa chair, celui-qui-sait-trop pour ne pas y avoir gagné cette « nouvelle innocence »). C’est Burroughs avec David Bowie.
Bowie, le sex-symbol synthétisé, le « gosse sublime » au-delà-de-l’électrique. Celui qui n’est que par la grâce de la plus cruciale des révélations :
QUE LA VIE SE DOIT D’ÊTRE MYTHOLOGIE OU DE NE PAS ÊTRE.
Et cette interview (mais la connaissez-vous ?) de Bowie par Ol’Billy1, ce fut pour certains une de ces rencontres de légendes qu’on n’ose concevoir (comme Jim Morrison revisitant Œdipe dans les ruines d’un gay bar du Bronx, Othello snobant Desdémone devant une Anita Pallenberg version Performance).
Et on rêve alors, d’autres connexions-instantanées : Lou Reed/Burroughs, Dolls/Burroughs, Syd Barrett/Burroughs.
Tous ceux qui surent – et pour cela il n’est question que de Feu et de Sang, de Cœur et de Violence – transcender le réel pour permettre d’y vivre.
Un petit trip chez les « Pink Narcissus » modèle 42e (un soir qui sombre sur Times Square et c’est une méchante beauté nacrée qui s’offre) vers un petit matin figé sur les Docks de Londres (les hustlers sont fatigués, la Tamise menace et c’est un flash en Extra-Ball) ?
Vers tous ces caniveaux où, pour l’adolescent électrique, naissent les meurtrissures et le trouble, où bientôt Kenneth Anger leur fera troquer Marianne Faithfull pour Bobby Beausoleil ?
Burroughs (et pour le petit garçon électrique, c’était-un-de-ces-chocs-dont-on-ne-se-remet-pas) imposa au désir homosexuel, une mystique, une autre mythologie et – coïncidence magique – James Dean ou Jagger explosaient dans les yeux indifférents de la TV familiale.
Et c’était cela le flash de Daddy Burroughs : offrir dans ses pages maudites le vertige comateux de l’Interdit, donc du désir.
La dot du « Transformer » insolent…
ET :
L’Interdit, c’était aussi l’initiation-Rolling Stones, se vêtir de velours mauve et de cuir noir (ces délicieux clichés…), la lumière blanche de la cocaïne ou l’Abîme de l’Héroïne. Candidatures pour un Envoûtement Total. Tout un continuum de boulevards goudronnés-rose où on roule-limousine POUR NE PAS REVENIR.
ET JUSTEMENT : pourquoi n’y aurait-il pas des écrivains stars, de beaux petits gosses aux ongles polis qui dynamiteraient la chose écrite rien que PAR UNE ATTITUDE. De bons petits Stars-writers en veste Granny’s et vinyl rouge, dark-shades, foulards-strass ? Rien que pour la jouissance d’emmener les souvenirs de Christopher Marlowe et Oscar Wilde tanguer sur le Sunset Boulevard électrique. Cela apporterait plus à l’écriture que le pseudo-outrage d’un Guyotat mal sorti des étables du réel ou les essais empesés des post-Saussuriens, des post-Laingiens (ce temps où il n’y a plus que des après…) de tous non-horizons ; tous ces fossoyeurs de la force brute de la chose écrite. De la littérature doit renaître le désir et l’éphémère, le rêve et la jouissance. En cas de non-happening de cette Naissance, il restera la Télévision (She got the T.V. eye on me…), le Cinéma et le Rock’n’Roll pour ceux-dont-la-fureur-n’est-que-de-vivre et – pour les autres – des rampances morbides à la recherche de Proust.
La littérature sera un autre manifeste du FUN, une déchirure Supérieure ou NE SERA PLUS…
Et demain – peut-être – de jeunes voyous rutilants sortiront de l’Impasse – Spillane, Wilde et Burroughs sous le bras – et feront revivre les mots en volant le sourire des petites filles. Ils visiteront les bars-upper class et les caniveaux secrets. Les-rats-ne-comprendront-pas-mais-leurs-bottes-seront-pointues.
Beaucoup d’Électricité et un nouveau dandysme funambulant entre le las et l’innocent. Rien qu’un nouveau romantisme ou l’excès de nouveau sera la règle.
Un nouveau matin, early.
En chercherez-vous encore longtemps l’initiateur ?
1. En 1974, William Burroughs et David Bowie se rencontrent à Londres. Leur entretien, durant lequel les deux hommes évoquent Lou Reed, Iggy Pop et Andy Wahrol, mais s’expriment aussi sur des sujets assez intimes, sera publié dans l’édition américaine du magazine Rolling Stone.